Cinabere

Le terme Cinabere inclut cinabre, ayant de nombreux sens, dont seulement trois sont évoqués ici.

Pour les égyptiens, grecs, romains, musulmans, il représente le très rare et précieux sulfure de mercure rouge (dont on remplissait les vaisseaux des pharaons décédés pour leur voyage dans l’au-delà).

Pour Pline l’Ancien, il est considéré comme remède, contre-poison et moyen de guérison. D’autre part, il représente la transformation du mercure en or.

Pour les taoïstes chinois, le traité d’alchimie interne des émotions décrit trois parties fondamentales du corps humain: le champ de cinabre supérieur (cerveau), moyen (cœur) et inférieur (centre respiratoire abdominal du yoga aussi) qu’il y a lieu d’harmoniser. Il s’agit alors d’une méthode initiatique, conduisant à un bon équilibre entre les émotions, le cerveau et le corps.  

Dans la Chine impériale, la matière médicale ne pouvait être enseignée qu’à la condition d’être d’abord philosophe, afin d’en garantir le bon usage. Le travail sur les champs de cinabre est à la base de la méditation taoïste, la philosophie chinoise, l’acupuncture, le tai chi et le qi gong.  CIN renvoie également à la racine Qi ou Tchi, énergie circulant dans les méridiens d’acupuncture.

Finalement, Cinabere reprend les origines de différentes cultures, avec la notion de soins, de guérison, approfondissement de soi, spiritualité, philosophie, cosmologie interne, voûte céleste, situant l’homme entre terre et ciel, soit la cosmologie.

Dr Jean-Louis TIXHON